
Alors que le chef Terrance Paul conclut 18 années de service au sein du Conseil national de développement économique des Autochtones, son héritage se définit non seulement par la durée de son mandat, mais surtout par la clarté de son objectif : veiller à ce que les voix autochtones soient entendues, respectées et prises en compte dans les décisions qui façonnent ce pays.
Lorsque le chef Paul repense à son passage au Conseil, ce sont avant tout les personnes qu’il retient. « J’ai siégé au Conseil pendant 18 ans et ce sont les gens que j’y ai rencontrés qui m’ont vraiment laissé d’excellents souvenirs », dit-il. Il se remémore les nombreux déplacements effectués ensemble — des voyages à la fois informatifs et profondément marquants. Ces expériences, souligne-t-il, lui ont ouvert les portes de lieux et de perspectives qu’il n’aurait peut-être jamais découverts autrement. Au cœur de tout cela se trouvait l’apprentissage : l’apprentissage des personnes, des collectivités et de la responsabilité partagée de travailler à un avenir meilleur.
Ce sens du but collectif a longtemps caractérisé le style de leadership du chef Paul. Il parle avec un profond respect de ses collègues du Conseil, qu’il décrit comme « des personnes très, très intelligentes et brillantes, profondément engagées envers le progrès de notre peuple dans ce pays ». Pour lui, le Conseil est bien plus qu’un organisme consultatif : c’est un rassemblement d’esprits déterminés à faire une différence, tout en reconnaissant « qu’il reste certainement encore beaucoup à accomplir ».
Le chef Paul estime que l’un des impacts les plus importants du Conseil durant son mandat a été de transformer la façon dont le gouvernement écoute et réagit aux perspectives autochtones. « Je pense que nous avons changé la façon de penser de nombreuses personnes sur qui nous sommes », affirme-t-il. Bien que des barrières subsistent, il en voit clairement la nature. « Toutes les barrières sont artificielles. Elles découlent de la façon dont les gens pensent et de la manière dont ils perçoivent les choses et la vie. » Grâce à la persévérance et au dialogue, le Conseil a contribué à ouvrir « beaucoup d’yeux et beaucoup d’oreilles » au sein du gouvernement, encourageant ainsi les décideurs à porter une attention accrue aux répercussions de leurs décisions sur les peuples autochtones.
Le chef Paul est franc quant au travail qu’il reste à faire. Il observe un écart persistant dans la manière dont les collectivités autochtones sont prises en compte lorsque les gouvernements planifient pour le bien commun du pays. Trop souvent, dit-il, les peuples autochtones sont relégués au second plan, avec des ressources minimales mises à leur disposition. À son avis, le rôle continu du Conseil est clair : veiller à ce que les collectivités autochtones obtiennent une part juste et significative des investissements et des possibilités publiques et qu’elles ne soient jamais oubliées dans les priorités nationales.
Cette foi en l’équité et l’inclusion a guidé le chef Paul tout au long de sa carrière. Élu chef de la Première Nation de Membertou pour la première fois en 1984, il est un fier membre de cette communauté située à Unama’ki (l’île du Cap-Breton), en Nouvelle-Écosse.
Sous son leadership, Membertou est devenue l’une des communautés autochtones les plus progressistes, efficaces et durables au Canada. La Nation a doublé sa base territoriale et augmenté l’emploi de près de 80 %. Le chef Paul a supervisé la création d’un portefeuille d’entreprises diversifié et dynamique, comprenant notamment le Membertou Trade & Convention Centre, le Membertou Entertainment Centre, le Membertou Market, la Commission des jeux, des pêches commerciales ainsi que plusieurs entreprises dans les domaines de l’immobilier, de l’assurance et du commerce de détail. En 2002, Membertou est entrée dans l’histoire en devenant le premier gouvernement autochtone au Canada — et dans le monde — à obtenir la certification ISO 9001, établissant solidement sa crédibilité dans le monde des affaires.
Cette vision tournée vers l’avenir s’est également manifestée dans le rôle du chef Paul lors de l’acquisition historique de Clearwater Seafoods. Reconnaissant l’occasion d’assurer une prospérité à long terme pour les communautés mi’kmaq, il a contribué à rassembler six Nations mi’kmaq afin de réaliser le plus important investissement autochtone unique dans le secteur des pêches au Canada — une acquisition qui place aujourd’hui les peuples autochtones au cœur d’une entreprise mondiale de produits de la mer récoltant près de 80 millions de livres de poissons par année.
Au-delà de Membertou, le chef Paul est un leader national en matière de développement économique autochtone. Membre fondateur de l’Association nationale des sociétés autochtones de financement, il a contribué à faire croître l’organisation de sept membres à plus de 50 institutions financières autochtones partout au Canada. Il a également joué un rôle clé dans le soutien à Donald Marshall fils lors de sa cause historique devant la Cour suprême, qui a confirmé les droits issus de traités des Mi’kmaq en matière de pêche — une décision qui s’est traduite par environ 600 millions de dollars en retombées pour les communautés mi’kmaq.
Les contributions du chef Paul ont été largement reconnues. Il a été nommé membre de l’Ordre du Canada en 2017 pour son engagement, sa persévérance et son dévouement envers la collectivité. Il a reçu plusieurs doctorats honorifiques, a été intronisé dans plusieurs temples de la renommée du monde des affaires et a obtenu une reconnaissance nationale pour son leadership, notamment des prix pour l’ensemble de ses réalisations et comme chef de la direction de l’année. Plus récemment, il a été intronisé au Panthéon canadien des affaires à titre de Compagnon et, en 2025, il a été nommé au Bureau des grands projets du Conseil consultatif fédéral des Autochtones.
Lorsqu’on lui demande quels conseils il offrirait aux Premières Nations et aux peuples autochtones souhaitant renforcer le développement économique de leurs communautés, le chef Paul insiste sur les fondements. « L’éducation est essentielle pour faire progresser notre peuple, pour assurer sa prospérité », affirme-t-il. Il encourage les individus à ne pas craindre de regarder au-delà des limites de leur collectivité, tout en restant solidement ancrés dans leurs origines. « Gardez toujours à l’esprit d’où vous venez et rappelez-vous que les gens comptent avant tout. »
Le chef Paul décrit le Conseil comme une voix essentielle au nom des peuples autochtones — une voix qui offre des conseils éclairés et crédibles à l’ensemble du gouvernement. « C’est un outil très important au nom du peuple pour s’assurer que le gouvernement ne nous oublie jamais », dit-il.
Alors qu’il quitte le Conseil, le chef Paul laisse derrière lui un héritage de détermination et de persévérance. « La détermination vous mène loin », dit-il. « Adoptez un état d’esprit qui consiste à ne jamais abandonner. »
Au fil de 18 années de service dévoué, le chef Terry Paul a incarné cet état d’esprit par ses actions. Son influence se fera sentir non seulement dans les politiques façonnées et les perspectives transformées, mais aussi chez les innombrables leaders qu’il a inspirés en démontrant ce qui est possible lorsque la vision, la détermination et le respect de la collectivité guident la voie à suivre.
« Le chef Terry Paul a été une lumière directrice pour le Conseil et un trésor national en matière de développement économique des Premières Nations. Son leadership visionnaire et ses contributions à l’inclusion économique des Autochtones au Canada ont été à la fois exceptionnels et inspirants. Autour de la table du Conseil, il a défendu de véritables changements transformationnels et la prospérité des nations autochtones d’un océan à l’autre. Je suis profondément honorée d’avoir servi à ses côtés et d’avoir développé une amitié pour la vie avec cet être humain remarquable. »
Dawn Madahbee Leach Présidente, CNDÉA