
Pendant huit ans, Victoria a été une présence constante et inspirante au sein du Conseil national de développement économique des Autochtones (CNDÉA), apportant à la fois son expérience vécue et un engagement profond envers la réconciliation économique. Alors que son mandat arrive à son terme, nous soulignons non seulement son dévouement, mais aussi les contributions durables qu’elle a apportées aux travaux du Conseil et au développement économique autochtone à travers le Canada.
Entrepreneure mi’gmaq fière de la Première Nation de Listuguj, au Québec, Victoria a rejoint le Conseil en 2018 avec une vision claire. Grâce à son expérience à titre de propriétaire et présidente de Wejipeg Excavation Inc. et de copropriétaire et présidente de Wejuseg Construction Inc., Victoria a acquis une compréhension directe des possibilités et des obstacles auxquels font face les entrepreneurs autochtones, particulièrement en matière d’approvisionnement. Lorsqu’elle a élaboré son plan d’affaires en 2011, elle a reconnu le potentiel des stratégies fédérales d’approvisionnement pour favoriser la croissance des entreprises autochtones, sans toutefois réussir à y accéder concrètement dans la pratique. Lorsqu’elle a découvert le CNDÉA, elle y a vu une occasion de mettre à profit son expérience et de contribuer à créer des voies plus accessibles pour les autres.
Dès le départ, Victoria a apporté une voix forte et éclairée à la table, nourrie par des décennies d’expérience entrepreneuriale et renforcée par sa formation universitaire, avec un baccalauréat et une maîtrise en administration des affaires de l’Université du Nouveau-Brunswick. Au fil du temps, son engagement s’est élargi au-delà de l’approvisionnement pour influencer des discussions plus vastes sur les politiques, l’accès et l’inclusion. Elle a contribué à renforcer l’impact du Conseil dans les sphères fédérales, en plaidant constamment pour des changements concrets et applicables.
En réfléchissant à ses huit années de service, Victoria évoque souvent la réciprocité. Si elle a donné généreusement — en temps, en expertise et en leadership — elle a également beaucoup appris. Ses rencontres avec des communautés et des entrepreneurs des Premières Nations, des Inuit et des Métis lui ont permis de constater à la fois la diversité et la résilience des économies autochtones. Des visites, notamment à Métis Crossing, ainsi que des échanges avec des entrepreneurs de partout au pays ont enrichi sa compréhension et renforcé sa conviction.
Elle garde un souvenir marquant des moments où la voix du Conseil a trouvé écho auprès des plus hautes instances. Les échanges avec des institutions telles que la Banque du Canada ont contribué à faire une place accrue aux perspectives autochtones dans les cadres économiques nationaux. Au fil du temps, elle a observé des avancées significatives — une meilleure représentation, une visibilité accrue et des pas concrets vers une plus grande inclusion. Pour elle, même les progrès qui peuvent sembler modestes constituent en réalité des avancées importantes dans la reconstruction des économies autochtones.
Mais ce qui la touche le plus demeure la relève. Ayant elle-même dû « ouvrir des portes », elle voit aujourd’hui de jeunes entrepreneurs autochtones les franchir avec assurance, porteurs de nouvelles idées et d’innovation. C’est, selon elle, la véritable mesure du progrès.
Au-delà du Conseil, l’engagement de Victoria envers sa communauté et le leadership se manifeste de multiples façons. Bilingue et en apprentissage actif du mi’gmaq, elle est une animatrice recherchée et la fondatrice de The Eloquent Hostess, mettant sa voix au service du rapprochement. Elle fait également partie d’un groupe de tambours à main féminin, partageant des chants ancestraux, et agit comme mentore et coach auprès de jeunes, notamment en enseignant la littératie financière. Son leadership a été reconnu à l’échelle nationale, notamment avec le prix Indspire 2024 dans la catégorie Entrepreneuriat et Commerce, et par sa participation à des programmes prestigieux comme la Conférence canadienne du Gouverneur général sur le leadership, le Banff Forum et le programme Harvard avec AFOA Canada.
Alors qu’elle quitte le CNDÉA, Victoria le fait avec intention — en laissant place à de nouvelles voix tout en poursuivant son engagement dans d’autres rôles de leadership. Sa conviction envers cette mission demeure intacte.
Nous remercions sincèrement Victoria pour sa vision, sa générosité et son engagement indéfectible. Son apport continuera de se faire sentir pendant de nombreuses années, et sa voix restera essentielle pour tracer la voie à suivre.
Victoria va beaucoup me manquer, tout comme son influence au sein du conseil d'administration et sa contribution à l'économie autochtone du Canada. Elle avait toujours des solutions à proposer. Elle a joué un rôle déterminant dans l'élaboration de la Stratégie économique nationale autochtone du Canada, qui continue de servir de cadre au gouvernement, à l'industrie et à tous les Canadiens pour favoriser l'inclusion économique des Autochtones. Je suis convaincu que son intelligence brillante et sa voix forte continueront d'inspirer et de contribuer à une croissance économique autochtone positive.
Dawn Madahbee Leach Présidente, CNDÉA